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Des reporters JTC

Un pan de l’histoire de la campagne de Kyūshū : la ville de Kobayashi

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Le Tanokansa peint en habits formels

 

La petite ville de Kobayashi, à l’ouest du département de Miyazaki, possède une histoire riche imprégnée de guerres de clan ou de conflits de religion, mais aussi de petits témoignages du quotidien d’antan. On y a trouvé des preuves de vie humaine remontant à des temps très anciens : certains, comme des morceaux de poteries en grès, faits de roche volcanique, dateraient du paléolithique. De nombreuses autres traces de différentes époques ont été découvertes, et les sites de fouille sont toujours très actifs.

Le patrimoine culturel et historique de Kobayashi est éparpillé à travers toute la ville, et donne une idée de la vie à la campagne japonaise pendant les siècles passés.

Les Tanokansa et autres divinités

 

À Kobayashi, parmi les traces de la vie quotidienne d’autrefois les plus courantes on trouve les Tanokansa, ou divinités des champs. Le plus vieux Tanokansa du département de Miyazaki, le Shindenba no Ta no Kami, est situé à Kobayashi et date de 1720. Ce sont des divinités qui sont là pour protéger les récoltes, et elles sont uniques à la région car elles se trouvent toutes à l’extérieur, alors qu’elles résident normalement dans les maisons.

Chaque divinité appartient à un territoire délimité et a ses propres us et coutumes, et chaque statue a une stature, une expression ou encore des habits différents. Certaines sont par exemple peintes une fois par an avec du charbon ou du maquillage très blanc de geisha, même si la coutume se perd. Les plus souriantes et « terre-à-terre », sans habits formels ou expressions ternes, ont tendance à plus attirer la sympathie des gens. Par conséquent, bien que les divinités protègent à l’origine les champs, on se confie à elles à propos d’autres sujets comme les problèmes de coeur, de famille, ... Il est d’usage dans ces cas-là de laisser un petit cadeau après la visite, comme de la petite monnaie. Mais n’importe quoi d’autre fait l’affaire : des canettes de café ou de bière, des fleurs, des pierres, ...

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Le Tanokansa et ses offrandes

 

Quoiqu’il en soit, historiquement, les Tanokansa apportent du réconfort et amusent.

Durant l’époque féodale du Japon, les seigneurs décident des règles de la vie en communauté ainsi que de l’emploi du temps de leurs paysans, pas seulement au travail, mais chez eux aussi. Par exemple, les seigneurs décidaient que les paysans devaient se lever à 6h et aller travailler aux champs, et quand ils rentraient chez eux que les hommes feraient une activité et les femmes une autre. Si une personne ne faisait pas la tâche attendue, il n’y aurait pas assez de taxe à donner au seigneur. C’est pourquoi les paysans se forçaient les uns les autres à travailler qu’il pleuve ou qu’il vente, afin d’éviter que toute la communauté soit punie pour l’absence d’un autre.

Les seigneurs faisaient preuve de bonté de temps à autre parce qu’ils avaient besoin que leur main d’œuvre reste motivée. Les Tanokansa faisaient partie de ces occasions joyeuses : on n’avait pas le droit de boire d’alcool, sauf pour les fêtes des récoltes en leur honneur quelques fois par an.

 

Enfin, il existe un historique dans la région d’emprunt de statues : si par exemple un agriculteur avait eu de mauvaises récoltes une année, alors que le voisin avait eu plus de succès, il arrivait qu’il aille emprunter sa statue (sans demander la permission) le temps d’une année afin que ses propres récoltes s’améliorent. Elles étaient censées être rendues assez vite et il était d’usage de laisser une lettre de la part de la divinité, pour dire qu’elle était partie en voyage quelque part. Cette lettre d’excuses est un exemple parmi des centaines d’autres :

À la suite d’une requête urgente de l’association des agriculteurs du département de Miyazaki que je ne pouvais pas refuser, je me suis absenté un petit moment pour aller inspecter la région. Je m’en excuse. En juillet, je suis allé assister à l’élection de la Chambre des Conseillers et aux discussions sur la stabilisation des prix du riz et du bétail, en particulier pour demander que l’on augmente le prix du riz. Comme ce que nous avons convenu était à peu près en phase avec ce que je pensais juste, me voilà revenu. Désolé pour le dérangement.

Je souhaite que l’on fasse de notre mieux dans le domaine de la production de riz.

Je n’ai pas prévu d’autres déplacements professionnels, et j’espère que l’on pourra continuer de se voir comme avant.

J’ai aussi reçu cette bouteille de shōchū en guise de remerciement.

Mes amitiés.

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L'original de la lettre rédigée par le Tanokansa

 

Il faut noter que les statues de divinités n’existent cependant pas seulement dans les champs. Par exemple, dans le quartier de Nojiri, on trouve une divinité des soins : c’est une statue de bouddha entouré de dix personnes qui le protègent de chaque côté (avec des armes et attributs différents) et deux moines pour l’assister. Les gens y viennent prier pour les personnes malades ou pour éviter qu’elles le soient, mais il reçoit beaucoup de requêtes à d’autres sujets.

De plus, dans les champs, on trouve en plus des divinités d’autres petits témoignages des croyances locales comme le Biwadou, ou Temple du Luth.

La légende raconte qu’un jour, un barde aveugle entama la traversée d’un pont étroit, qui ne pouvait laisser passer qu’une personne à la fois. Malheureusement pour lui, de l’autre côté arrivaient deux samouraïs qui venaient de perdre un tournoi de kendo et étaient par conséquent de très mauvaise humeur. Ils finirent par se rencontrer au milieu du pont, et les samouraïs ordonnèrent au joueur de luth de faire demi-tour. Ce dernier leur expliqua qu’il était aveugle et les pria de le laisser passer, mais l’un des samouraïs, agacé, lui coupa la tête. Le corps tomba dans la rivière et commença à descendre le long, mais la tête remonta, à contre-courant. Les samouraïs prirent peur et fuirent. Celui qui lui avait coupé la tête subit une fièvre intense de sept jours, et en mourut. Le deuxième devint aveugle, puis les récoltes de riz dans les environs furent touchées par une terrible sécheresse. Les habitants se dirent que le barde leur avait jeté un sort et construisirent un autel à sa mémoire. Les sécheresses cessèrent, le deuxième samouraï recouvra la vue, et se consacra à une vie de moine afin d’expier ses fautes.

 

Les témoignages de l’histoire de Kobayashi

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Une des tombes du parc Niwara Iseki

 

D’autres vestiges présents à Kobayashi, plus historiques, sont les monuments funéraires : au Japon, à partir du IIIe siècle, on trouve des tombes en forme de trou de serrure, entourées de figures de terre cuite appelées les haniwa. Mais au sud de Kyūshū les tombes étaient érigées différemment : ce sont des tombes souterraines, auxquelles on accède latéralement, contrairement aux monuments de cette période auxquels on accédait généralement par le sommet. Seize de ces tombes ont été à ce jour découvertes dans le parc Niwara Iseki, à Kobayashi, contenant bien entendu des restes humains, mais aussi des accessoires comme des dagues, des katana, des miroirs...

On trouve aussi parmi les vestiges celui du château de Kobayashi, détruit à la suite d’une politique lancée par le shogunat de Tokugawa au 17ème siècle, selon laquelle un territoire ne doit avoir qu’un seul château. Ce n’est d’ailleurs pas le seul à avoir subi les conséquences malheureuses de décisions politiques au fil de l’histoire, les statues bouddhistes ayant été très touchées.

 

Le Japon a en effet pratiqué le bouddhisme et le shintō pendant des centaines d’années et les deux religions n’étaient pas clairement séparées (des symboles bouddhistes étaient utilisés dans des sanctuaires shintō, par exemple). Le gouvernement, au 19ème siècle, décida que le bouddhisme et le shintō devaient être délimités de manière officielle. Malheureusement, les habitants de la région autour de Kobayashi comprirent ce message de travers, et le traduisirent par une volonté de chasser toute imagerie bouddhiste hors du Japon. C’est une des raisons pour lesquelles lorsqu’il reste des statues de Bouddha, elles ont soit perdu la tête, soit leur visage a été effacé. De la même manière, les temples bouddhistes pré-datant cette période ont tous été détruits. Heureusement, le malentendu a depuis été éclairci et d’autres temples ont été bâtis par-dessus les vestiges.

De la même manière, alors que la secte bouddhiste Ikkō, au 16ème siècle, commençait à gagner en popularité et prêchait l’égalité entre tous, les seigneurs de la région décidèrent de l’interdire. Ses fidèles durent donc se cacher pour la pratiquer, et avaient besoin d’un endroit où vénérer en paix et réciter le nom de Bouddha pour lui rendre hommage. Ils profitèrent d’une grotte à l’entrée étroite et cachée, mais en fait suffisamment large pour accueillir des dizaines de personnes à l’intérieur. Bien sûr, comme ils se réunissaient en secret, ils devaient faire attention de cacher les objets ou livres qui les trahiraient, et ne pas les laisser dans la grotte au cas où quelqu’un viendrait. Cette interdiction continua jusqu’au 19ème siècle, puis les caves furent laissées à l’abandon, puisqu’il n’y en avait plus l’utilité.

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Le pont Hashimitsubashi dans la gorge de Sannomiya

 

Un autre lieu intéressant d’un point de vue culturel est la gorge de Sannomiya. On y trouve une des constructions les plus intéressantes, le pont de Hashimitsubashi, construit en 1943 en plein milieu de la Seconde Guerre Mondiale. Les habitants ayant besoin d’un pont, ils décidèrent de s’y atteler eux-mêmes et rassemblèrent donc du béton. Cependant, tout le fer avait été réquisitionné afin d’aider à l’effort de guerre... Mais qu’à cela ne tienne, ils prirent la décision de remplacer le fer par du bambou, plus facilement trouvable dans les environs, ce qui fait de ce pont un monument unique en son genre.

Il surplombe aujourd’hui la gorge de Sannomiya, résultat d’une éruption volcanique il y a environ 330 000 ans. Tout le chemin le long de la gorge est ponctué de onze tunnels creusés sans l’aide de machines dans les années 1940. Le but à l’époque de leur construction était de créer un passage pour des wagons qui transporteraient tout le bois amassé en amont par le biais de wagons.

 

Tous ces lieux empreints d’histoire se situent d’ailleurs en pleine nature dans Kobayashi, et il est possible aujourd’hui de les visiter gratuitement. Seul le parc de Niwara Iseki est fermé au public en règle général, même s’il est possible d’organiser une visite sur demande.

 

Lisa Melon
Auteur: Lisa Melon

(Coordinatrice des Relations Internationales pour la ville de Kobayashi, préfecture de Miyazaki )Kobayashi-city Tourism Association

Je suis arrivée dans la préfecture de Miyazaki durant l'été 2016, et même si j'avais fait des recherches en amont je ne m'attendais pas du tout à tout ce que j'ai découvert ici. J'étais venue avant au Japon, mais je n'avais alors visité que des villes plus grandes, et le contraste avec la préfecture de Miyazaki fut saisissant. Dès le moment de mon arrivée, je fus captivée par la verdure omniprésente, en particulier dans la ville de Kobayashi où j'ai la chance de travailler. En ajoutant à cela la délicieuse cuisine locale, les habitants extrêmement accueillants et les splendides montagnes, c'est un pur régal. J'explore la région depuis mon arrivée ici, et j'espère pouvoir vous montrer combien la région est riche en découvertes!

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